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Un regard sur l’importance des économies Culturelles et Créatives

Publié le 24 Mars 2014

Il y a tout juste deux mois en Janvier 2014, le monde a assisté à des arguments forts en faveur des économies culturelles et créatives de la part de la très estimée présidente de la République de Corée, Park Geun-Hye. Cela a eu lieu lors du World Economic Forum qui est tenu tous les ans à Davos, et qui rassemble des leaders du monde entier, des économistes, financiers, inventeurs et hommes d’affaire parmi les plus influents du monde et toute personne pouvant jouer un rôle majeur dans l’évolution de notre société et la transformation du monde.

Lors de tels rassemblements, il parait donc tout à fait normal d’assister et d’entendre les visions et idées de ces personnes influentes pour faire évoluer le monde et ses individus. Cependant, c’est tout de même avec surprise que nous avons assisté au discours de la Chef de l’Etat Sud-Coréenne qui a abordé durant presque une heure le thème du rôle fondamental des économies créatives et culturelles pour définir un nouveau paradigme pour l’économie du monde post-récession. Oui, vous avez bien entendu ou plutôt « lu » : les industries créatives et culturelles ; ces mêmes secteurs longtemps décrits comme inconsistants, futiles dont le monde entier pourrait très bien se passer.

Pour la Présidente, la révolution industrielle, la promotion de la richesse et du bien-être sur le plan individuel comme collectif est depuis allée de pair avec une fracture matérielle, qui s’est récemment muée en fossé numérique. «Ce dont nous avons crucialement besoin, c’est d’un élément moteur qui nous permette de dépasser ces contraintes, transforme l’ordre existant et contribue à refaçonner le monde. La Corée est en quête d’une telle impulsion pour le développement de l’économie créative ».

Park Geun-Hye a poursuivi son discours en soulignant le plan d’action de la Corée pour atteindre ses objectifs de croissance durable au travers de la convergence des économies créatives et culturelles, en affirmant que « les industries créatives entendaient puiser dans le génie naturel de l’humanité, contrairement aux industries industrielles qui sont axées sur l’extraction et l’exploitation de ressources naturelles »

Ses affirmations ne pourraient être plus exactes, surtout dans le monde post-récession dans lequel nous sommes, qui requiert de la créativité, de l’innovation et de la culture pour permettre de construire le chemin pour une croissance durable. Mais qu’entend-on réellement par les économies créatives et culturelles et comment définissons-nous leur zone d’influence ?

Les industries créatives et culturelles sont ces secteurs qui existent et fleurissent grâce aux esprits imaginatifs souvent inspirés par une vision artistique et des références culturelles et exprimés au travers d’éléments tangibles tels que des produits, dont certaines caractéristiques peuvent être très innovantes. Ces produits attractifs qu’ils soient des vêtements, des accessoires, des parfums, des montres, de la joaillerie, de la champagne, du cognac ou autres forment à eux tous un secteur économique qui représentent un puissant moteur pour la croissance économique. Le luxe est une partie intégrante de cette industrie et joue un rôle central dans sa structure, son impact. Et à présent que les secteurs créatifs et culturels sont enfin reconnus à leur juste valeur à l’échelle mondiale, il est intéressant de regarder plus en détails leur impact au travers des différents marchés et d’identifier leur rôle potentiel dans le monde.

En tant que contributeur économique majeur pour l’Europe, l’industrie du luxe bénéficie également de plus en plus de respect de la part de l’UE, qui a récemment reconnu le secteur comme un facteur clé de la croissance durable et un contributeur important à l’économie, la compétitivité, la créativité, l’innovation, l’emploi et l’export de l’Europe. L’industrie de luxe européenne, qui produit la majorité des marques de luxe les plus connues dans le monde, représente plus de €170 milliards de la consommation des produits de luxe dans le monde et emploie plus d’un million de personnes directement et indirectement. Les marques européennes comptent pour environ 75% du marché mondial du luxe et 17des plus importantes 25 entreprises de luxe dans le monde proviennent de l’Union Européenne. L’UE a également formé l’Alliance Européenne des Industries Culturelles et Créatives (ECCIA), qui comprend les cinq organisations responsables de l’industrie du luxe en France, Italie, Royaume-Uni, Espagne et Allemagne. L’alliance collabore avec l’UE en la conseillant sur la compétitivité des marques de luxe, et est chargée de formuler des business models durables, de stimuler l’innovation et d’assurer l’excellence de l’industrie européenne de la création.

La France, d’où proviennent 25% des entreprises de luxe internationales, génère €16,8 milliards par an avec l’industrie du luxe. Le pays comprend des secteurs dans la fabrication et distribution d’articles de maroquinerie, de vêtements, de joaillerie, de beauté, de vins et spiritueux, entre autres. Le secteur de l’hôtellerie de luxe est également un facteur clé de l’emploi et de revenu économique du pays. Les touristes représentent 60% de tous les achats de produits de luxe en France.

Les industries culturelles et créatives ont également suscité beaucoup d’intérêt dans d’autres régions. En accord avec le rythme de développement dans l’occident, plusieurs pays du Moyen-Orient se sont lancés dans la création de différentes plateformes, qui visent à transformer les économies créatives en moteur économique important. En conformité avec ça, Dubai a assisté à la création de Fashion Forward, une plateforme qui a pour but de mettre en évidence, de renforcer, d’inspirer et de nourrir les industries créatives et culturelles au Moyen-Orient. Des initiatives similaires continuent d’émerger dans les quatre coins du monde, de Jakarta, qui a accueilli le « Centre for Fashion Enterprise » du Royaume-Uni, à l’Australie avec le « Melbourne Fashion Festival », en passant par l’Afrique du Sud avec la « South African Luxury Association » et plusieurs autres, trop nombreuses pour toutes les mentionner.

Il est clair que, malgré les perspectives économiques encore incertaines de l’Ouest, qui a été jusqu’à présent l’origine incontestée des industries créatives et culturelles, la demande pour les produits de ces secteurs va continuer à augmenter ce qui fera également évoluer la nécessité de plateformes consolidées où les industries culturelles et créatives pourront facilement prospérer…

 

Image 1: www.vancleefarpels.com

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